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Voynet ou le démantèlement de la France
14 avril 2007Le déplacement de Dominique Voynet en Corse a été l’occasion pour la candidate des Verts d’esquisser la vision de la France que les Verts souhaitent : un regroupement d’autonomies régionales organisées dans une fédération européenne.
Les Verts ont dans cette campagne présidentielle du mal à expliquer pourquoi les Français, si nombreux à se préoccuper d’environnement et de l’avenir de la planète, au point d’avoir soutenu l’initiative et même la candidature de Nicolas Hulot, ne se retrouvent pas derrière leur candidate, Dominique Voynet. Par ses dernières déclarations, celle-ci nous donne l’occasion de formuler une hypothèse : les citoyens sensibles aux questions écologiques et notamment ceux qui considèrent que c’est un sujet majeur qui justifierait qu’ils votent au moins au premier tour pour un candidat écologiste, ne sont tout simplement pas favorables à l’éclatement de la France, que préconisent les Verts, en autonomies régionales dont les différends seraient arbitrés à Bruxelles. Prompte à voir dans l’État-nation un instrument de la domination, la candidate verte, lors de son déplacement en Corse mardi 10 avril, s’est prononcée en faveur d’une plus large « autonomie politique et économique » pour la Corse comme cela se fait « dans tous les pays européens (où) on a été capable de reconnaître la diversité des identités », en prenant notamment l’exemple de l’Espagne. Or cette question ne se pose pas. En effet, pourquoi la Ministre de l’environnement de Lionel Jospin a-t-elle oublié que les habitants de la Corse se sont majoritairement prononcés contre le projet de statut présenté en juillet 2003 qui voulait justement donner une plus large autonomie aux institutions insulaires ? Et comment ne voit-elle pas en Espagne combien le statut d’autonomie de la Catalogne, par exemple, conduit à des revendications refusant maintenant toute solidarité financière avec le reste de l’Espagne ? Est-ce là un exemple à suivre pour la France ? Symptomatique de la volonté de la candidate verte de promouvoir à tout prix les appartenances particulières contre la citoyenneté française, est le recours qu’elle fait au cas très particulier de la Nouvelle-Calédonie, qui de toute évidence est très différent de celui de la Corse : « En France même, la façon dont on a négocié une plus large autonomie avec les populations de Nouvelle-Calédonie, un corps électoral qui permettra aux Kanaks de décider eux-mêmes de leur avenir peut montrer la voie ». Dominique Voynet n’utilise pas cet exemple par hasard. Il s’avère que le critère de 10 ans de résidence continue, retenu pour la Nouvelle-Calédonie, est exactement une des exigences utilisées par des mouvements indépendantistes et le mouvement des Verts en Corse "I Verdi Corsi" en 2002-2003, pour tenter d’obtenir un corps électoral corse, ou "corsisé", étape censée permettre d’atteindre l’indépendance de la "nation corse". Ainsi, il convient de rappeler que toutes ces déclarations ne sont ni nouvelles ni isolées chez les Verts. Elles sont au contraire des orientations régionalistes anciennes et répétées, qui trouvent leur place dans le cadre d’un Etat européen supra-national. Ces orientations sont explicitement énoncées dans l’accord législatif signé par les Verts et les partis régionalistes membres de la fédération des Régions et peuples solidaires, en vue des élections législatives du mois de juin prochain. Il y est demandé, entre autres :
Ces revendications sont à la fois baroques et inquiétantes. Ce trait inquiétant est presque synthétisé dans la dernière phrase de cet accord, qui confirme bien que les Verts ne conçoivent leur projet écologique que dans le cadre du démantèlement de notre nation civique en une fédération de régions fondées sur des différences ethno-culturelles : « Ce partenariat politique et électoral des Verts et de "Régions et Peuples Solidaires" se fonde sur la volonté commune de faire évoluer la France vers un système fédéraliste et écologiste basé sur les principes de la démocratie de proximité et de la diversité culturelle. Respect et préservation de la biodiversité et de la diversité culturelle sont les deux faces d’un seul et même projet de société. » Comment est-il sérieusement possible de faire cette analogie entre la biodiversité et la diversité culturelle, en parlant d’un projet politique, d’une organisation politique de la France ? Autres articles de la rubrique
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