Schémas pour faire comprendre le positionnement du RCR sur l’échiquier politique
I. Il y a d’abord les discours dont on nous rebat les oreilles depuis des années. A force de répétitions, ils sont marqués du sceau de l’évidence dans l’opinion publique, quoi qu’on se rende bien compte, en raison de la persistance de l’impasse dans laquelle nous sommes, qu’il y a certainement un problème.

II. En réalité, la véritable ligne du clivage actuel n’est pas là où les principaux partis, ainsi que les principaux médias, la situe officiellement. En effet, tous ces partis et tous ces médias, qu’ils soient de l’un ou l’autre bord, partagent des opinions communes sur des questions fondamentales : monnaie, finance, commerce international, politiques européennes, voilà presque une trentaine d’années qu’il n’y a plus de différences entre eux. Sur ces fondations qu’ils partagent, ils font les uns comme les autres des politiques fort semblables.
La véritable ligne du clivage actuel oppose, ceux qui exercent cette hégémonie politico-médiatique et des sensibilités politiques qui affrontent des difficultés immenses pour faire entendre leurs analyses et leurs propositions. Nos contributions aux débats publics sont tellement maltraitées et marginalisées, a priori, que dans notre situation on peut sans hésiter nous qualifier de « dissidents ».

III. Rompre cette hégémonie politico-médiatique demandera que des coalitions soient réunies. Le centre de gravité de ces coalitions devrait, comme à la Libération, se situer au cÅ“ur de la tradition républicaine. La république étant définie comme l’ensemble des repères partagés, des institutions et des règles qui nous portent et qui nous permettent de faire que notre société ne soit pas une jungle dont la loi serait la concurrence, c’est-à -dire la "loi" des plus forts.

IV. Après que les appareils actuels auront été renversés, si le détail n’est pas prédictible, le véritable clivage n’en sera pas moins enfin manifeste : il opposera d’une part ceux qui, pour diverses raisons, se soumettent à la globalisation, au libre-échangisme, à la domination de la finance, à la spéculation monétaire, à l’atlantisme, au productivisme, et d’autre part, ceux qui résistent et agissent pour remettre des règles en place afin de redonner une direction aux cours des choses et aux intérêts particuliers, pour que ceux-ci ne s’imposent pas aux Hommes dans toute leur brutalité comme aujourd’hui.

V. Chaque occasion qui se présentera devra être saisie : opposition à la ratification parlementaire du mini-traité européen, élections municipales, cantonales, européennes... Un jour prochain l’hégémonie de l’UMP-PS cèdera. Pour accélérer la venue de cette échéance, nous devons organiser le potentiel civique qui sommeille parmi nous.