dimanche 5 septembre 2010  coup d'Etat parlementaire (8 fév.) + 940 jours recherche :  
 
RCR    plateforme2007
ciel
  Accueil > Actualités

  Tribunes
 

 


Non au coup d'Etat parlementaire
Le RCR dit non au coup d'Etat parlementaire
Écrivez à vos parlementaires


« L’Europe qui fragilise »
En avant pour un semestre de confrontations !
3 juillet 2008

Les 6 mois qui viennent vont être d’une importance capitale pour notre avenir et celui de notre pays. La présidence de l’Union européenne qui commence aujourd’hui, par le supplément d’exposition médiatique qu’elle impose, par le contexte dans lequel elle tombe — suite au coup d’Etat parlementaire de la ratification du traité de Lisbonne en février, suivit du "non" irlandais en juin et aujourd’hui même du refus du président polonais de ratifier ce traité — et enfin par le fait que ce soit justement une présidence française, tout cela nous offre à nous, citoyens français, une conjonction inespérée de circonstances favorables pour nous faire entendre et mettre à mal le « consensus de Bruxelles ».

A la lumière de l’interview de N. Sarkozy, ce 30 juin sur France 3, il semble que la formule « l’Europe qui protège » soit destinée à devenir le slogan des 6 mois à venir. Il ne se gênera pas de marteler cette formule à chaque fois qu’il en aura l’occasion, et dans cette société médiatique où la répétition vaut démonstration, il y a malheureusement fort à parier que cette formule n’étourdisse l’esprit de nombre de nos concitoyens.

Politique d’alchimiste

Avec l’aide de "journalistes" complaisants, comme ceux de France 3 le 30 juin, il ne sera jamais en peine pour broder un jeu de questions-réponses qui crédibilisera l’idée que l’Europe c’est la paix, la prospérité et dieu sait quoi encore. Si rien ne se passe, toutes les couleuvres seront avalées.

Tels des alchimistes, qui jadis tentaient de transmuter du plomb en or, qui n’y arrivaient évidemment pas, mais qui toujours imaginaient qu’avec plus de plomb ou en chauffant plus leurs cornues ils réussiraient dans leur entreprise chimérique, nos modernes alchimistes, qui font désormais de la politique, imaginent qu’avec plus de leurs politiques de plomb — concurrence libre et non faussée, unanimité ou majorité qualifiée, lutte acharnée contre l’inflation, politique de sécurité et de défense, etc. — ils arriveront demain à faire de l’or : de la croissance, de la baisse du chômage, la paix... Dérisoires illusions.

« L’Europe fragilise », il ne peut en être qu’ainsi

Au slogan « l’Europe qui protège », qui est celui des sarkozistes mais aussi de tous les tenants de "l’Europe sociale", répliquons par « l’Europe fragilise ». En effet, qui l’Union européenne protège-t-elle ? Les personnes qui travaillent et qui sont en concurrence avec les travailleurs des pays à bas coûts ? Certainement pas puisque que l’UE a été transformée en la zone commerciale la plus ouverte au monde ! Et les éventuelles protestations des "gôches" européennes n’y ont rien changé. Si ces gens n’ont pas délibérément menti (la question se pose), ils ne furent que des incapables et les complices des politiques de destruction de l’Etat social.

Mais l’Europe protège effectivement, elle protège les grands intérêts du monde des affaires, les firmes transnationales, les puissances de la finance, l’oligarchie de la globalisation, parce que l’Europe partage avec eux la même religion du « consensus de Bruxelles » et aussi parce qu’eux peuvent être représentés par les lobbies, ce qui n’est pas le cas des citoyens qui sont structurellement maintenus à l’écart des débats, car il leur faudrait pour cela un débat démocratique. Or tout débat politique démocratique est rigoureusement impossible entre 27 communautés de citoyens aux cultures politiques et aux références historiques si différentes.

L’Europe n’est pas une démocratie et ne peut l’être. On peut le déplorer, s’en lamenter, rêver qu’il en fut autrement. En attendant il n’en est rien, les choses sont ainsi, têtues. Un jour peut-être, dans un certain nombre de générations, de toute façon dans un nombre certain de décennies, il n’est pas absolument impossible, on peut l’imaginer, que quelques "mêmes politiques" soient devenues possibles avec une partie de ces 27 pays. Mais pour l’instant ce n’est pas le cas, loin s’en faut. Tenter de faire croire ça aux citoyens c’est une autre façon de les fragiliser et de les livrer aux voraces intérêts qui s’affrontent sur les marchés internationaux.

Vers des coopérations entre des Etats indépendants

Or dans le rude contexte de la globalisation aujourd’hui, l’indécision, le fait de tenir à des idées chimériques, l’incapacité à défendre ses intérêts, sont fatales. Donc, à moins de tenir plus à nos idées qu’à défendre les intérêts réels des citoyens et du monde du travail, nous devons mettre en Å“uvre des politiques pour les circonstances d’aujourd’hui (et pas de demain), qui soient fermes (et pas complaisantes avec la globalisation), portées par des entités solides (les Etats, pas l’UE) et par des responsables politiques légitimes (des élus, pas la Commission).

Les réponses à ces contraintes sont connues, elles se nomment : politiques de coopérations, traités de coopérations entre des Etats, coalitions d’Etats pour faire entendre et imposer leurs propositions à la puissance dominante. La sagesse et l’expérience les désignent, seuls les idéologues ne les entendent pas, enivrés qu’ils sont par leurs lubies.

Notre pays a des atouts considérables pour se faire le champion d’une politique alternative au tout marché de la globalisation. La France peut parler et proposer au monde entier et pas seulement à l’Europe. En Europe, elle y fait face à certains de ses plus rudes adversaires, qui toujours joueront la carte de l’empire, des USA — pour s’en imaginer protégés —, donc de la globalisation — pour en tirer des miettes — et feront toujours obstacle à des politiques d’indépendances, alors qu’ailleurs sur la planète, en Amérique Latine, en Afrique, en Asie, dans la Francophonie, des pays ne demandent qu’à contribuer à cette coalition d’Etats.

Ne restons pas plus longtemps dans cette Union qui est une prison


Facebook Wikio Diggit Delicious Google Live Myspace Scoopeo Technocrati Twitter
 Forum       1 commentaire(s) ; ajouter le vôtre
Autres articles de la rubrique
Retraites, de la cohérence, que diable ! 27 juin 2010
Retraites, tous réunis dans la même impasse 18 juin 2010, par François Bunner
Mémento de vote aux élections Européennes 2009 6 juin 2009
Exaspéré par cette campagne 29 mai 2009
De Seattle-OMC à Strasbourg-OTAN, la postérité d’une idée fausse 3 avril 2009, par François Bunner
USA : qu’ils votent vite et que ce bazar cesse 4 novembre 2008
Le "rêve américain" et les "retards français" 4 novembre 2008
"Laïcité" tout court 12 septembre 2008
Sarkozy et la "stratégie du choc" 27 août 2008, par François Bunner
Combattre les causes, non les conséquences 12 août 2008
Abattre le « consensus de Bruxelles » 26 juin 2008, par François Bunner
Les langues régionales et leur manipulation 18 juin 2008
Les souverainistes, plus gaullistes que de Gaulle ? 5 juin 2008, par François Bunner
Touche pas à mon préambule ! 23 mai 2008
Haute trahison 9 octobre 2007


plan nous contacter infos légales rss RSS