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USA : qu’ils votent vite et que ce bazar cesse
Acteurs de notre politique ou spectateurs d’un feuilleton électoral étranger ?
4 novembre 2008Pour nous, citoyens français, ce qui se joue dans cette campagne présidentielle états-unienne, c’est moins la désignation du 44ème président des Etats-Unis d’Amérique et l’impact de sa politique sur la politique mondiale, que la possibilité de nous protéger contre l’envahissement de nos informations par la politique spectacle venue d’outre-Atlantique. Ce n’est en effet pas parce que ce qui se décide là -bas peut avoir un impact sur notre politique que nous devons devenir les spectateurs impuissants de ce que font les Etats-uniens. Notre meilleure réponse réside encore, et de loin, dans notre civisme et dans la politique que la France peut proposer à la communauté internationale. Du feuilleton Clinton-Obama, au décès de la grand-mère qui a élevé le jeune Barack, on ne nous aura rien épargné : titres grandiloquents omniprésents et envahissant toutes nos unes, envoyés spéciaux quasi-permanents pour couvrir chaque détail de la campagne, importation de la politique spectacle US que l’on transforme en "événement planétaire", incessants dossiers spéciaux décortiquant les subtilités de l’actualité d’outre-atlantique, sempiternels commentaires d’experts et surtout une unanimité invraisemblable de tous nos médias quant à la couverture de l’événement. Voilà plus d’un an — plus d’un an ! — que continuellement on nous sollicite et que l’on nous casse les oreilles avec les élections présidentielles américaines comme s’il s’agissait des nôtres. Primaires par-ci, cocus par-là , rien n’a manqué, jusqu’aux coulisses des conventions, démocrate ou républicaine. Nous aurons eu droit à tous les détails, toutes les hypothèses, toutes les analyses, tous les commentaires, même aux potins et aux ragots. Spectateurs ou acteurs ? Soyons précis, que pour les électeurs des USA, le vote de ce 4 novembre 2008 puisse revêtir une importance capitale, nous le comprenons, tout comme le sérieux qu’ils mettent dans cette affaire vu l’immensité des problèmes qu’ils ont à affronter : guerres catastrophiques en Afghanistan et en Irak, crise financière sans précédent dont les impacts économiques et sociaux menacent d’être dévastateurs, santé publique aux carences inouïes, déficits abyssaux, et tant d’autres. Pour ce qui nous concerne, il est certain que ces politiques ont et auront un impact sur nous ici en France, tout comme la guerre en Irak et la crise financière qui ont leur origine aux USA. Mais la question centrale qui nous est posée est de savoir comment nous pouvons avoir une action efficace sur les défis, les enjeux, les problèmes et les crises du monde dans lequel nous vivons ? Est-ce en contemplant comme des ahuris ce qui se passe là -bas ou en étant de véritables citoyens, qui dans un vigoureux débat public forgent des politiques en prise sur le contexte actuel, afin que celles-ci puissent peser sur le cours de la politique mondiale, comme nous en entre-apercevons la possibilité de temps en temps, comme en 2003 pour l’Irak ou en 2005 pour la "constitution" européenne ? Responsabilité des "médias" et des citoyens Mais la responsabilité des citoyens est malgré tout plus importante encore. Nous nous cherchons trop d’excuses. Oui la vie est difficile, mais elle l’a toujours été pour toutes les générations, et cela ne les a pas empêché de faire des efforts qui ont édifié les institutions qui nous protègent de la loi de la jungle. Ce n’est pas parfait, eh bien continuons le travail. Mais trop peu font cet effort, on se plaint, on geint, on adopte une posture d’enfant et de victime, on voudrait que les bonnes politiques dont nous avons besoin nous soient accordées, alors qu’elles ne peuvent être que conquises. Et au lieu de faire des efforts nous accablons l’histoire et la culture politique à qui nous devons de ne pas être des esclaves. Au final cette dérive est d’autant plus difficile à combattre, qu’elle s’articule sur un tropisme désormais ancien et malheureusement ancré dans ce qui nous sert de culture politique : la détestation de soi. Lire la suite : Le "rêve américain" et les "retards français". Autres articles de la rubrique
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