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Retraites, de la cohérence, que diable !
27 juin 2010

Déclaration du RCR au sujet de la journée de mobilisation intersyndicale pour la défense des retraites du 24 juin 2010.

En France en 2010, comme toujours dans notre pays, la question des retraites n’est fondamentalement pas une question syndicale, mais une question relevant de choix politiques qui doivent être discutés et décidés dans le cadre du débat démocratique, des partis politiques et des élections au suffrage universel. En toute rigueur ce devrait être lors d’une élection présidentielle, ce qui n’a pas été le cas en 2007 et, si rien ne vient perturber le jeu de l’UMP-PS, ne le sera pas davantage en 2012.

Comme le RCR ne cesse de le répéter, pour les questions des salaires, des retraites, de la sécurité sociale en général, mais aussi des services publics, des fermetures d’usines, des délocalisations, de la dette publique et de tant d’autres problèmes qui s’abattent sur le monde du travail, les combats syndicaux sont devenus contre-productifs, ils ne contrarient que de nombreux concitoyens sans impacter les centres de décision qui justement nous entraînent dans ce monde dérégulé et globalisé. Au mieux, ces grèves réussissent à repousser dans le temps des réformes odieuses, qui finissent par s’imposer quelques années plus tard. Il n’y a que des exemples qui vont dans ce sens depuis plus de 30 ans. Cela a eu pour conséquences la baisse de la part des salaires dans le PIB, une course à la productivité qui détériore les conditions de travail pour le plus grand nombre, les délocalisations, la précarité et le chômage de masse, la privatisation de nombreux services publics, l’affaiblissement de l’Etat dans le combat qui devrait l’amener à défendre le bien commun et ceux qui travaillent, face aux insatiables intérêts privés qui accaparent une part toujours plus grande de la richesse produite par le travail.

Une question de cohérence

De nombreuses organisations politiques et syndicales clament haut et fort leur volonté de "défendre les retraites", mais que disent-elles de sérieux et de cohérent pour soutenir l’ambition qu’elles proclament ? La cohérence, qualité plus que rare dans les cortèges du 24 juin.

Citoyens, si vous soutenez des politiciens ou des partis :
- dont les dirigeants sont aussi les directeurs généraux de l’OMC (Pascal Lamy, PS) ou du FMI (Dominique Strauss-Kahn, PS) ;
- qui systématiquement réclament que nous nous engagions davantage dans les politiques d’union de l’Europe, dont la valeur suprême est la concurrence (UMP, PS, Verts, centristes, CFDT, UNSA, CFTC, FNSEA, Confédération européenne des syndicats, Bernard Thibault...) ;
- qui approuvent au Parlement (Traité de Lisbonne) ce que la nation a refusé par référendum (TCE) (UMP, PS, Verts, centristes...) ;
- qui vous promettent de gagner plus en travaillant plus dans ce monde où la richesse du travail est aspirée par la finance dérégulée (Sarkozy) ;
...vous aurez beau prétendre "défendre les retraites", faire grève, vous ruiner en semaines de grève même, vous ne ferez rien d’autre que créer les conditions de la destruction de votre salaire et donc de votre retraite.

Aux citoyens en grève le 24 juin 2010 et à tous ceux qui sont préoccupés par ce combat, le RCR souhaite faire entendre que défendre nos retraites :
1. demande de prendre une casquette politique en plus de votre casquette syndicale ;
2. réclame de porter fermement une diplomatie et des politiques qui créeront les conditions de possibilité des exigences de justice sociale que vous affirmez vouloir défendre.

Ainsi, dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, la sauvegarde des retraites réside fondamentalement dans la transformation des conditions générales de l’économie mondiale. Dès avant la crise des subprimes dans le programme pour l’élection présidentielle de 2007, nous énoncions que la re-régulation de l’économie mondiale était une condition sine qua non de toute politique aujourd’hui, qu’il nous fallait :
- un nouveau traité sur l’ordre monétaire international
- un nouveau traité de re-régulation de la finance mondiale
- un nouveau traité sur le commerce international contre le libre-échangisme

- devront suivre de nouveaux traités de coopération internationale, pour remplacer les traités de "l’Union" européenne.

Avec la crise, cette politique est encore plus d’actualité.

A tous ceux qui se disent que tout cela est impossible, sachez que c’est là une vieille histoire : soit vous faites partie de ceux qui penchent pour la résistance aux empires et aux insatiables intérêts particuliers, en faisant de la politique, en Å“uvrant pour le bien commun (aujourd’hui en gardant le cap tracé par le programme du Conseil National de la Résistance et en mettant en Å“uvre des régulations — sachant que personne ne vous demande de résoudre le problème tout seul, au contraire ce sera une Å“uvre collective ou ce ne sera pas), soit vous faites partie de ceux qui se soumettent aux puissances du moment en rejoignant la triste liste des capitulards qui ont sévi dans l’histoire de notre pays.

Comment faire ?

La France n’est pas un "petit pays" comme nos "zélites" ne cessent de chercher à nous le faire croire. Elle peut, elle doit proposer sur la scène internationale ces nouveaux traités de régulation et engager les discussions sans attendre qu’un consensus impossible naisse des conciliabules de l’Union européenne, du G20, etc. C’est dans le secret de ces réunions que les puissances les plus déterminées à anéantir les politiques de régulation arrivent à leur fin.

La France doit Å“uvrer en pleine lumière, sur la scène internationale, et transformer ces questions confidentielles et ésotériques de l’économie mondiale en questions politiques. Les oligarques et leurs serviteurs commenceront par ricaner et tenteront de disqualifier les propositions (à commencer par les nôtres en France), mais très vite notre débat démocratique s’emparera de ces propositions, de même que dans de nombreuses nations. Se dessinera alors une coalition d’Etats qui inévitablement deviendra majoritaire si nous sommes tenaces, car c’est là que se trouvera l’intérêt du plus grand nombre.

Citoyens, sans cohérence, courage et détermination pour relever ces défis, il ne faudra pas vous plaindre des conséquences des politiques que vous aurez laissé faire ou maladroitement souhaitées.

A vous maintenant de trouver une formation politique qui remplit les exigences énoncées ici, c’est très facile, il n’y en a pas beaucoup.


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