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Le programme du Conseil National de la Résistance
Le 15 mars 1944, le CNR adoptait une plateforme politique dont nous sommes tous les héritiers
7 avril 2007Ce grand texte historique, rédigé dans la clandestinité, établit un véritable programme de gouvernement. 63 ans et quelques jours après son adoption, ce texte prestigieux est pour nous une triple source d’inspiration : pour l’esprit qui l’anime, pour les institutions qu’il a permis de fonder et dont nous héritons, pour le cap qu’il fixe aux citoyens, à savoir qu’ils doivent se donner les moyens de gouverner, de penser l’action gouvernementale. Nous vous incitons à lire ou relire ce texte fondateur que traduira le préambule de la constitution de 1946.
« Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée. Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité. Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste. I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE Cette partie du document, exposant la politique de combat du CNR contre l’occupant et contre les autorités de Vichy, est accessible ici. II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération : 1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ; 2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ; 3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ; 4) Afin d’assurer :
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables : a) Sur le plan économique :
b) Sur le plan social :
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales. d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale. L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi. En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE ! LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »
Pour continuer la lecture des grands textes qui fondent la politique du RCR (ex-plateforme2007), voyez le préambule de la constitution de 1946, qui est, avec la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, toujours inscrit au préambule de notre actuelle constitution. Autres articles de la rubrique
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